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đź’»Windows đź“–guide

Windows 11 24H2 sur un portable de 15 ans đź’» Packard Bell EasyNote TJ75 i3 330M (1st gen) de 2010

Windows 11 24H2 sur un Packard Bell de 2010 sans TPM, sans Secure Boot, avec un processeur non supporté. Les commandes pour contourner les vérifications et ce que ça donne.

3 min de lecture
Windows 11 24H2 sur un portable de 15 ans đź’» Packard Bell EasyNote TJ75 i3 330M (1st gen) de 2010
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En bref

PrérequisWindows 10, clé USB, ISO Windows 11 24H2, outil Ventoy
RésultatWindows 11 24H2 installé sur machine non officiellement supportée
RessourcesFin de support Windows 10 — 14 octobre 2025

La machine

Un Packard Bell EasyNote TJ75, fabriqué en février 2010. La machine de mes parents. Quinze ans d’âge au moment du tournage.

Fiche technique :

  • CPU : Intel Core i3 330M — première gĂ©nĂ©ration Intel Core, 2 cĹ“urs / 4 threads
  • RAM : 4 Go (limite thĂ©orique extensible, mais pas prioritaire)
  • Stockage : SSD installĂ© ultĂ©rieurement (remplace l’HDD d’origine)
  • Carte graphique : ATI Mobile Radeon HD 5650 (en plus du graphique intĂ©grĂ©)
  • Pas de TPM
  • Pas de Secure Boot (ça n’existait pas sur le matĂ©riel de cette Ă©poque)
  • OS d’origine : Windows 7, maintenant sous Windows 10 22H2 Pro

La machine est encore parfaitement capable pour le quotidien. Grâce au SSD, elle démarre vite et réagit correctement. Elle permet de naviguer sur internet, faire les comptes sous Money (le vieux logiciel de comptabilité Microsoft — la version 2015 tourne encore), utiliser la suite Office 2013, envoyer des mails. C’est largement suffisant pour l’usage qu’on en fait.

Elle a ses petites imperfections : une touche de clavier défectueuse, un touchpad capricieux qui a tendance à se déconnecter de temps en temps, une batterie remplacée mais à autonomie limitée. Et Windows ne lit plus correctement le niveau de batterie — la machine peut se couper brutalement sans avertissement. Mais pour un usage branché sur secteur, tout ça ne pose pas de problème majeur.

La seule vraie question en 2025 : quoi faire de cette machine, sachant que Windows 10 perd son support en octobre 2025 ?

Le problème Windows 10 → Windows 11

Microsoft a décidé qu’il n’y aurait pas de Windows 10 23H2, ni de 24H2. La version 22H2 est définitive, et son support prend fin le 14 octobre 2025. Après cette date : plus de mises à jour de sécurité. Continuer à utiliser une machine connectée à internet sous Windows 10 sans correctifs de sécurité, c’est risqué.

Problème : Windows 11 refuse officiellement cette machine. Trois raisons :

  1. Processeur non supporté (i3 330M — première génération, pas dans la liste officielle Windows 11)
  2. Pas de TPM 2.0
  3. Pas de Secure Boot

L’installeur Windows 11 le détecte et bloque.

L’alternative, c’est Linux. C’est une option tout à fait valable pour donner une seconde vie à ce type de machine. Mais pour des gens qui ont des habitudes profondes sous Windows — utiliser Money, Office 2013, retrouver leurs repères — passer sous Linux demande un investissement qu’ils ne sont pas forcément prêts à faire. C’est une question de public, pas de jugement sur Linux. Pour mes parents, qui ne sont pas des techniciens, rester sur Windows est clairement la meilleure option si c’est possible.

Alors, est-ce que c’est possible ?

Ce que Microsoft dit vraiment sur la compatibilité

Avant d’aller plus loin, un peu de contexte sur la philosophie Microsoft en termes de support matériel.

Microsoft est probablement l’un des meilleurs élèves en termes de rétrocompatibilité matérielle dans l’industrie. Windows supporte une variété de matériel bien plus large qu’Apple, qui a l’avantage de ne supporter que son propre hardware. Windows 10 tournait encore sur des machines avec Windows 7 comme OS d’origine. C’est un effort considérable.

Le fait qu’une machine ne soit pas “officiellement supportée” par Windows 11 ne signifie pas qu’elle ne peut pas le faire tourner. Ça signifie que Microsoft ne garantit pas que chaque mise à jour cumulative fonctionnera correctement. Le risque est réel, mais il ne se matérialise pas forcément. Sur cette machine spécifique, j’avais lu des retours positifs sur des forums et Reddit — des gens qui la font tourner au quotidien sans problème particulier.

Procédure complète

Prérequis indispensable : sauvegarde complète. Avant tout. Cette procédure n’est pas officiellement supportée, et si quelque chose se passe mal pendant la mise à niveau, on veut pouvoir revenir en arrière proprement. J’ai fait une image complète du disque avant de commencer.


Étape 1 — Préparer l’ISO

Télécharger l’ISO Windows 11 24H2 depuis le site Microsoft. Dans mon cas, je l’avais déjà sur clé via Ventoy. Windows 10 permet de monter une ISO directement avec un clic droit → “Monter” — ça crée un lecteur virtuel. Pas besoin de clé USB physique pour lancer l’installeur depuis Windows.


Étape 2 — Vérifier ce que l’installeur bloque (optionnel)

Depuis une invite de commande, lancer le scan de compatibilité en passant les arguments appropriés à setup.exe — la documentation Microsoft décrit les options disponibles.

Résultat attendu sur cette machine :

  • TPM 2.0 : non disponible
  • Secure Boot : non supportĂ©
  • Processeur non supportĂ©

Pas de surprise. Mais l’étape suivante va régler au moins le problème du processeur.


Étape 3 — Contourner la vérification TPM/CPU avec la base de registre

Ajouter une clé dans le registre Windows pour autoriser la mise à niveau sur matériel non supporté :

reg add HKLM\SYSTEM\Setup\MoSetup /f /v AllowUpgradesWithUnsupportedTPMorCPU /d 1 /t REG_DWORD

Après cette modification, relancer le scan de compatibilité. Cette fois-ci, le message “Processeur non supporté” a disparu. Il reste le TPM 2.0 et le Secure Boot — mais on va contourner ça différemment.


Étape 4 — Lancer la mise à niveau en mode “serveur”

C’est l’astuce principale. En ajoutant le paramètre /product server, on demande à l’installeur Windows 11 de s’exécuter dans un contexte “Windows Server”. Dans ce contexte, les vérifications de compatibilité matérielle liées au TPM et au Secure Boot sont levées — car un serveur peut être virtualisé ou dépourvu de ces éléments par nature.

setup.exe /product server

L’installeur démarre avec la mention “Programme d’installation de Windows Server” en haut de la fenêtre. On voit les étapes standard de mise à niveau : recherche de mises à jour, vérification de compatibilité, préparation. Cette fois, la machine passe toutes les vérifications.

On choisit “Conserver les fichiers, paramètres et applications” pour garder tout en l’état. On fait Suivant, on accepte le contrat, et on laisse tourner.


Étape 5 — Attendre

La mise à niveau a pris environ 1h30 sur cette machine. C’est long, mais normal pour un processeur de cette génération. Le SSD aide vraiment — avec un HDD mécanique, ça aurait probablement pris le double.

Le processus se déroule en plusieurs phases visibles :

  • Phase 1 : prĂ©paration sous Windows 10, copie des fichiers. Reboot.
  • Phase 2 : installation de Windows 11 (hors Windows). Barre de progression, plusieurs reboots. Le point critique est entre 30% et 75% — si ça passe cette phase sans erreur, c’est gĂ©nĂ©ralement bon.
  • Phase 3 : finalisation, dĂ©marrage du nouvel OS.

Les phases 1 et 2 se sont déroulées sans encombre. Après le dernier reboot, l’écran de verrouillage Windows 11 est apparu — avec le nouveau logo et le fond d’écran caractéristique. Succès.

Ce que ça donne après installation

Windows 11 24H2 Pro est installé, actif et reconnu comme licence valide (la mise à niveau depuis Windows 10 est gratuite pour une licence activée).

État du matériel après migration :

  • Wifi : fonctionnel
  • Souris Logitech via nano-rĂ©cepteur Unifying : fonctionnel
  • RĂ©troĂ©clairage du clavier : fonctionnel mais pas de contrĂ´le logiciel
  • Son : fonctionnel
  • Touchpad : fonctionnel (mais capricieux, comme avant — c’est matĂ©riel)
  • Batterie : reconnue, l’indicateur fonctionne bien que l’autonomie reste limitĂ©e

Windows Update : la machine reçoit des mises à jour normalement. J’ai pu faire les mises à jour Defender et les mises à jour Windows standard sans problème. Microsoft Store fonctionne aussi.

Applications conservées :

  • Money 2015 : toujours fonctionnel
  • Office 2013 : toujours fonctionnel
  • Chrome (Edge dĂ©sinstallĂ©, inutile d’avoir deux navigateurs sur cette machine)
  • Defender actif

J’ai aussi fait un nettoyage : désinstallé les applications préinstallées inutiles (Copilot, outils de modélisation 3D, trucs de Xbox pour une machine qui ne joue pas aux jeux). La RAM est à 2,5 Go utilisés sur 3,9 Go disponibles après ce nettoyage, ce qui laisse de la marge pour quelques onglets Chrome et un éditeur de texte.

Ce qui ne fonctionne pas ou pas vérifiable :

  • Imprimante : pas testĂ©e sur place, Ă  vĂ©rifier
  • L’interface de gestion de l’autonomie batterie de Windows : incertaine (Windows ne lit pas parfaitement le niveau)
  • Les gestes multipoints du touchpad : dĂ©sactivĂ©s ou limitĂ©s

Les risques réels

Je veux être honnête sur les risques — pas pour dissuader, mais pour que vous sachiez ce que vous faites.

Risque principal : une future mise à jour cumulative pourrait casser la machine. Microsoft ne teste pas les mises à jour sur ce type de matériel. Si un correctif de sécurité introduit une dépendance à une instruction processeur non présente dans l’i3 330M, ou si une vérification TPM est ajoutée au processus de mise à jour… la machine pourrait ne plus démarrer après mise à jour. Ça n’est pas garanti, mais c’est possible.

Ce qui joue en notre faveur : Microsoft n’a pas intérêt à casser volontairement les machines non officiellement supportées. Il n’y a pas de mécanisme de vérification activement développé pour bloquer ces machines. Les problèmes, si ils arrivent, seront des effets de bord, pas des décisions délibérées.

Conseil pratique : garder la sauvegarde complète quelques mois. Si une mise à jour Windows cause un problème, avoir la possibilité de restaurer.

Ma conclusion

Je dois dire que cette machine m’a surpris. J’ai eu beaucoup plus de mal à faire passer ma propre tour (Ryzen 7 2700X) en Windows 11 24H2 — l’upgrade a planté plusieurs fois, j’ai dû creuser les logs pour identifier l’étape exacte d’échec, faire une réinstallation depuis Windows. Et là, un Packard Bell de 2010 passe en 1h30 sans le moindre accroc.

C’est aussi une belle démonstration de la durabilité. Cette machine a connu Windows 7, 8, 8.1, 10, et maintenant 11. Elle a eu deux petites réparations matérielles — un connecteur d’alimentation à ressouder (le petit connecteur jack d’alimentation avait une soudure qui lâché à force d’être branché/débranché), et une touche de clavier cassée. Dans l’ensemble, elle tient. Et pour une machine qui devait coûter aux alentours de 600€ à l’époque, c’est un bon investissement sur le long terme.

Packard Bell, c’est un groupe Acer. Pas une marque premium. Mais ça prouve qu’une machine bien construite pour son budget peut durer très longtemps — et que c’est pas forcément les machines les plus modernes et les plus chères qui tiennent le mieux dans la durée.

Pour les commentaires qui vont forcément mentionner “Packard Bell = poubelle” : mine de rien, 15 ans de service et encore fonctionnelle sous le dernier Windows. Difficile d’appeler ça une poubelle.

En résumé : si vous avez une machine incompatible Windows 11 qui tourne encore bien, et que l’utilisateur n’est pas prêt à passer sous Linux, cette procédure avec deux lignes de commande permet de prolonger sa durée de vie. C’est non officiel, il y a un risque, mais dans les faits c’est parfaitement utilisable. À faire avec une sauvegarde en place, et en sachant ce qu’on fait.

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